Introduction : Le paludisme demeure une maladie infectieuse majeure à l’échelle mondiale malgré des décennies d’efforts de contrôle. Provoquée par des parasites du genre Plasmodium, l’infection suit un cycle complexe impliquant une phase hépatique silencieuse puis une phase sanguine responsable des symptômes. La persistance de centaines de millions de cas chaque année souligne la nécessité de disposer de modèles expérimentaux plus performants pour comprendre la maladie et développer de nouvelles stratégies thérapeutiques.
Les approches traditionnelles, fondées sur des cultures cellulaires en deux dimensions et des modèles animaux, présentent des limites importantes. Elles reproduisent imparfaitement l’environnement humain, en particulier les interactions cellulaires et les conditions physiologiques du foie, où débute l’infection. Certaines caractéristiques clés, comme les formes dormantes de Plasmodium vivax à l’origine des rechutes, restent difficiles à étudier, notamment en raison de la courte survie des hépatocytes en culture et des différences entre espèces animales et humaines.
Des systèmes in vitro de nouvelle génération, incluant organoïdes, co-cultures tridimensionnelles et dispositifs microphysiologiques, offrent désormais une modélisation plus fidèle des tissus humains. Ces technologies permettent de reproduire la microarchitecture hépatique, d’observer les interactions hôte–parasite et d’étudier différentes étapes du cycle parasitaire, y compris les phases latentes. L’apport des cellules souches pluripotentes induites renforce encore ces modèles en permettant la production de cellules humaines variées, tout en intégrant les spécificités génétiques individuelles. Couplées à des plateformes automatisées, ces avancées facilitent également le criblage rapide de composés candidats.
Malgré leur potentiel, ces innovations restent confrontées à des défis techniques, économiques et de standardisation. La reproduction complète du cycle parasitaire dans un système unique demeure complexe, et certaines formes parasitaires restent difficiles à maintenir sur le long terme. L’intégration progressive de ces technologies dans un écosystème cohérent pourrait néanmoins transformer la recherche sur le paludisme, en fournissant des données plus prédictives et en réduisant la dépendance aux modèles animaux, ouvrant la voie à de nouvelles perspectives dans la lutte contre cette maladie.




