Introduction : Les dérives liées à l’attribution de la paternité scientifique suscitent une attention croissante, notamment dans les systèmes universitaires soumis à de fortes contraintes. Une étude publiée dans la revue Taylor & Francis explore ces pratiques au sein du monde académique nigérian, en mettant en lumière un phénomène informel résumé par l’expression « tu mets mon nom, je mets le tien ».
L’analyse repose sur des entretiens semi-structurés réalisés auprès de 18 enseignants-chercheurs. Cinq formes principales d’abus d’attribution ont été identifiées : la co-signature transactionnelle, l’ajout de noms pour favoriser l’avancement professionnel, le patronage hiérarchique, les échanges réciproques de signatures et l’inclusion non autorisée d’auteurs. Ces comportements sont alimentés par des pressions institutionnelles, des contraintes financières ainsi que des rapports de pouvoir asymétriques.
L’étude met également en évidence une connaissance inégale des règles encadrant la contribution scientifique, combinée à des mécanismes structurels qui favorisent ces pratiques. Les auteurs proposent un modèle théorique, appelé « Authorship Misappropriation Diamond », qui complète les approches existantes en intégrant la notion de normalisation des comportements déviants. Ce cadre souligne comment la répétition de ces pratiques contribue à leur acceptation et à leur enracinement dans les institutions.
Conclusion : En offrant une grille de lecture structurée, ce modèle vise à mieux comprendre les dynamiques de fraude en matière d’attribution scientifique et à ouvrir la voie à des stratégies de prévention adaptées aux différents contextes académiques.




